Un édito à base de gifs – je dis ce que je veux, je suis bientôt plus président

Un édito à base de gifs – je dis ce que je veux, je suis bientôt plus président


En cette période pré-fête, pré-sapins, pré-boules de noël, il est temps de faire le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant de ce qu’est la SJE et de la raison pour laquelle nous avons lancé cette association.

Pour être tout à fait honnête, je comptais écrire un texte assez policé, mais je sens que c’est le moment dans le film où le type qui fait le discours à un mariage laisse tomber ses fiches et laisse parler son coeur.

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La situation n’a pas tellement changé depuis 2014, année de la création de la SJE. Il fait toujours aussi froid dehors pour les jeunes, et tout spécialement dans le dur monde de l’édition. On n’a jamais demandé autant d’expérience pour de simples postes d’assistant ; il n’a jamais fallu autant de diplômes et de stages pour prétendre à des jobs qui n’en demandent pas tant.

Désormais salarié d’une maison appartenant à un grand groupe, cela n’a pas été facile d’obtenir le sésame du premier poste. J’ai compté environ une vingtaine d’entretiens, une centaine de candidatures et 1 an d’attente après la fin de mon dernier stage avant d’obtenir ce poste. Ca a été long, pénible, et j’ai bien failli lâcher l’affaire. J’ai dû me lancer dans un boulot que je détestais mais aux horaires suffisamment libres pour me laisser le temps de candidater et être disponible pour les rendez-vous.

Aujourd’hui, dans mon service, on reçoit des candidatures pour des stages rémunérés au lance-pierre (jamais compris cette expression mais j’aime bien l’image d’un type qui se prend des cailloux dans la tête pour salaire). Ce n’est pas la faute des entreprises, elles n’ont pas d’argent. D’ailleurs ce n’est la faute de personne semble-t-il puisqu’apparemment il faut déjà se satisfaire que l’indemnité de stage soit passée de 430 euros à 500 et quelque.

Va vivre avec ça à Paris, on en reparle.

Si vous avez candidaté chez moi cela dit, c’est que vous avez déjà passé l’obstacle de la fameuse convention de stage. Bon alors là, on a touché le prix de l’absurde, vraiment, ainsi que le résume le dialogue ci-dessous :

  • Etudiant plein de bonne volonté et prêt à affronter le monde : Bonjour !
  • Entreprise : Bonjour.
  • Etudiant : J’aimerais un emploi.
  • Entreprise : Faut voir. Vous avez un master 2, 2 à 3 ans d’expérience, un réseau et vous êtes prêt à être efficace dès votre arrivée ?
  • Etudiant : Bah j’ai un diplôme mais l’expérience, bof. Un vague stage chez Darty à mes 19 ans, mais rien de concluant, mon chef de stage c’était ma mère.
  • Entreprise : Ah non mais on ne peut pas vous faire confiance comme ça, vous savez.
  • Etudiant : Ah bon, première nouvelle. Et comment je gagne en expérience alors ?
  • Entreprise : Faut faire des stages [il connaît pas le monde lui ou quoi].
  • Etudiant : Il faut une convention pour faire des stages. Je suis plus étudiant.
  • Entreprise : Ah mais ça, c’est pas notre problème, il faut voir ça avec votre université.
  • Etudiant : Ah ok, cimer l’Entreprise !
  • Entreprise : Rien de, l’Etudiant !

Mais bon, imaginons, vous avez obtenu votre fameux troisième stage de 6 mois, celui qui va définitivement vous ouvrir les portes du monde du travail. Imaginons que vous êtes parvenu à survivre avec votre indemnité de stage en réservant vos tickets restaurant pour les courses et en menaçant vos parents de vous prostituer dans le 6e arrondissement. Soit. Et bah bienvenue dans la mare des milliers de gens comme vous. Parce que oui, vous êtes dans un monde de warriors. Les apprentis éditeurs sont sans doute l’espèce la plus dentée du marché. Les mecs ont la dalle et postulent partout, tout le temps. Parlez-en au mec qui gère le site de l’Asfored, il en fait des nuits blanches.

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Alors je vois ce que vous allez me dire, que je noircis le tableau, que je suis pessimiste et que cela ne se passe pas tout le temps comme ça.

Alors d’abord, fallait pas me demander d’écrire un article un lundi. Et par ailleurs, vous avez tout à fait raison, ça peut bien se passer. Ca existe les gens bienveillants. Je salue ici les personnes du service dans lequel je travaille qui m’ont beaucoup appris et qui ont accepté de me défendre, contre mon inexpérience. Elles ont pris le temps de me présenter à leurs connaissances, de me former du mieux qu’elles pouvaient. Rien d’exceptionnel, juste ce qu’il faut, juste ce que chacun devrait faire. Mais dieu que c’est bon quelqu’un qui fait de son mieux pour vous aider !

Et pour ça, il m’a seulement fallu une clope. Bon vous êtes pas obligés de fumer, vous pouvez vous contenter d’approcher la personne en faisant semblant de fumer. J’ai rencontré une fille qui travaillait dans la boîte dans laquelle je faisais mon stage. On a vite sympathisé et puis un jour elle m’a rappelé en me proposant un autre stage dans une autre maison. Et puis elle m’a formé, en me briefant pour chaque entretien. Et puis un jour elle m’a appelé pour postuler à son remplacement.

Je ne vous prêche pas ici le sermon d’aimer son prochain et il vous le rendra bien. Seulement que vous n’avez rien à perdre à parler aux autres, à vos collègues de bureau, vos potes étudiants, vos co-stagiaires, vos profs… Ca fonctionne plus que votre baptême de plongée à la fin de votre CV.

ET C’EST POUR ÇA QU’ON A CRÉÉ LA SJE !!!

(à crier sur le modèle de « Et c’est comme ça qu’on fait des chocapics »)

Chaque année, des centaines d’étudiants se lancent dans l’édition et croient avec raison pouvoir apporter quelque chose de neuf, de différent, aux métiers du livre. Il n’y a pas à dire, la concurrence a aussi ses côtés positifs. Elle est telle qu’elle oblige à faire un pas de côté, à se demander comment se démarquer du voisin. Elle pousse aussi parfois à le voir comme un concurrent nuisible, comme celui qui prendra sa place au moment de la candidature. On regarde forcément avec défiance celui à qui l’on devra peut-être un énième « malgré les qualités indéniables de votre parcours blablablaaaa ». Mais, en vrai, c’est juste un type comme toi qui pense que The Walking Dead c’est quand même un peu chiant, et qui aime passionnément la bière.

Alors arrête ta timidité à 2 balles, mets tes Stan Smith blanches et vertes et rejoins la SJE pour rencontrer des gens qui connaissent des gens qui connaissent des gens. Viens rencontrer tes futurs associés pour créer le prochain concurrent d’Amazon. Viens montrer, une bière à la main, qu’être jeune dans l’édition, c’est aussi se montrer curieux de ce que fait celui d’à côté, de ce qui se fait autrement ; c’est aussi imaginer ce qui doit être amélioré dans nos métiers.

Alors, à bon entendeur, y’a « Un long dimanche de fiançailles » qui commence. On vous attend à nos rdv, et notamment à la bien bonne JE4, le 8 décembre, à l’Amnésie passagère (pour les internetovaures, on est sur Facebook).

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