Portrait pro #20 Nina, éditrice

Portrait pro #20 Nina, éditrice


Pourrais-tu décrire rapidement ton poste ?

En tant qu’éditrice, je m’occupe de la coordination éditoriale d’ouvrages entiers, depuis la réception des manuscrits jusqu’au bon à tirer. Au cœur des projets, j’échange avec les auteurs, les compositeurs, les illustrateurs, les iconographes, les cartographes, les fabricants… et mon responsable éditorial ! En ce moment, je travaille essentiellement en freelance.

Quel est ton parcours (universitaire et professionnel) ?

Depuis toujours, j’ai une passion pour les livres (et pour corriger les fautes d’orthographe), mais je n’avais jamais envisagé d’en faire un métier. C’est donc sans but précis et par amour pour la littérature que je me suis lancée dans une licence de Lettres modernes ; et c’est véritablement pendant mon premier stage en maison d’édition que c’est devenu une évidence. 

J’ai découvert le métier dans une petite structure où j’apprenais la relecture critique de manuscrits, la préparation de copies, le suivi d’épreuves mais aussi la mise en pages, la communication et le marketing. On le dit beaucoup, à raison : les petites maisons d’édition sont très formatrices et permettent, en plus d’acquérir une certaine polyvalence, d’avoir un regard d’ensemble sur la chaîne du livre et toutes les possibilités qu’elle représente ! 

J’ai ensuite intégré le master Édition du livre papier et numérique de l’UPEM (qui s’appelle aujourd’hui Université Gustave Eiffel), une formation très enrichissante et très concrète. Pendant ces deux ans, j’ai fait un stage en sciences humaines, puis un apprentissage en scolaire. Le scolaire, c’est l’idéal pour se former à ce métier : c’est très complet, on apprend énormément et on renforce son endurance et sa résistance au stress ! Et puis, ça m’a permis de trouver mon premier CDD, à la suite duquel je suis passée en freelance.

Ce que tu préfères dans ton métier et ce que tu aimes le moins ?

J’adore échanger autour des projets, que ce soit avec l’équipe éditoriale ou avec les auteurs. Depuis que j’ai commencé, j’ai eu la chance de travailler avec des personnes très compétentes et passionnées, avec qui c’était un plaisir de réfléchir aux mille et une façons d’améliorer les livres. C’est un métier où l’on apprend continuellement, c’est très stimulant. 

Pour ce qui est du scolaire plus spécifiquement, j’apprécie énormément le suivi approfondi des projets, les longues conversations avec les auteurs sur le contenu, le fait d’être en plein cœur du livre et d’y participer à fond. J’aime beaucoup voir le livre évoluer et prendre forme : la réception des premières épreuves, c’est toujours un moment que j’attends avec impatience !

Ce que j’aime moins : la contrainte géographique. Comme beaucoup de métiers culturels, dès qu’on s’éloigne de Paris, ça devient tout de suite plus difficile… 

Des conseils pour ceux qui cherchent à travailler dans le monde du livre ?

Explorer, s’ouvrir aux opportunités et multiplier les expériences dans différents secteurs et départements. Bien sûr, c’est important pour se frayer un chemin mais surtout, on apprend énormément sur le terrain. C’est difficile de se faire une idée précise de ce qui nous plaira ou non tant que l’on n’a pas essayé. Et aussi : garder en tête que les livres qu’on aime lire ne sont pas forcément ceux sur lesquels on appréciera de travailler.

Enfin, je pense que c’est important de ne pas se dévaloriser, au contraire : chaque expérience apporte quelque chose, et les profils sont très variés dans l’édition, il n’y a pas de voie unique. Il faut persévérer, multiplier et approfondir ses compétences, favoriser les rencontres et les échanges, apprendre continuellement et lire beaucoup. Et y prendre du plaisir, évidemment !

 Question bonus : pourquoi rejoindre la SJE ? 

J’ai découvert l’association quand j’étais en master, et l’idée de rassembler les jeunes des métiers du livre et de favoriser l’insertion professionnelle m’a beaucoup plu. Maintenant que j’ai un peu plus d’expérience, j’ai envie de participer à ce mouvement d’entraide et d’accompagnement des apprenants, mais aussi de soutien des professionnels indépendants. Et puis, surtout : échanger autour de cette passion commune !


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