Short Edition : de la littérature courte en libre accès à Grenoble

Short Edition : de la littérature courte en libre accès à Grenoble


Crédits Olivier Alexandre - Short Edition

Crédits Olivier Alexandre – Short Edition

En octobre 2015, une start-up iséroise a fait les gros titres de la presse. L’attachée de presse de Short Edition, qui se présente comme un « éditeur communautaire », a fait le compte : des articles ont été publiés dans trente-huit pays différents ! La raison de ce buzz ? La petite entreprise – qui emploie aujourd’hui onze personnes – a installé à Grenoble les premiers distributeurs d’histoires courtes.

Une start-up issue du monde de l’autoédition

Short Edition n’a pas attendu ce petit coup de pouce médiatique pour exister. Présente sur internet depuis 2011, cette plateforme gratuite de publication a fait de la littérature courte, « tout ce qui se lit d’une traite en moins de 20 minutes », sa spécialité. Depuis, des applis pour smartphone et tablette ont rejoint la plateforme participative. Et le succès est au rendez-vous : au total, 7.5 millions de lectures d’œuvres ont été enregistrées sur ses différents supports de lecture. Short Edition revendique aujourd’hui 155 000 lecteurs abonnés, et une centaine d’histoires courtes publiées chaque jour sur son site.

Le distributeur d’histoires courtes

Mais, pour les fondateurs de la start-up, les possibilités de la littérature courte ne s’arrêtent pas là. Ils ont imaginé un distributeur d’histoires courtes, qu’ils présentent comme une alternative aux écrans des smartphones pour les moments où l’on attend (trop) longtemps.
Le conseil municipal de Grenoble s’est rapidement montré intéressé et, grâce au soutien financier de la ville, huit machines ont été installées fin 2015 dans les maisons de quartier, l’office du tourisme et la mairie.
La machine est dotée de trois gros boutons (pas d’écran, forcément !) qui vous proposent une, trois ou cinq minutes de lecture. Votre texte est alors immédiatement imprimé sur une sorte de long ticket de caisse. Le tout est gratuit pour le lecteur. La mairie, en revanche, loue ces machines. La location s’élèverait à 500 euros par mois environ, un peu moins pour Grenoble qui a aidé au financement des prototypes.

Crédits Olivier Alexandre - Short Edition

Crédits Olivier Alexandre – Short Edition

Joli succès et formidable coup de pub

À Grenoble, le succès a été immédiat : un mois après leur installation, 10 000 histoires courtes avaient déjà été imprimées. Et l’attachée de presse de Short Edition nous expliquait que l’expérience iséroise a fait des émules. « Le distributeur et le concept de la mise à disposition du public de fictions courtes de qualité intéressent à la fois des structures privées (magasins, galeries commerciales, transports, parcs d’attraction) et des organismes publics (hôpitaux, préfectures, bibliothèques, accueils de mairies et d’administrations). SNCF, Total, Butagaz, les magasins Gémo… par exemple, ont d’ores et déjà décidé d’utiliser cet outil pour améliorer leur accueil. » On prédit donc un bel avenir au distributeur d’histoires courtes…

Ce buzz a bénéficié à la plateforme tout entière : « Le site continue de progresser ! Mais nous enregistrons, avec plaisir, une nette accélération de cette progression ! »
Interrogée sur la réaction des maisons d’édition « traditionnelles », Short Edition nous répond d’un simple : « Nous discutons… » En précisant toutefois que cette discussion avait déjà démarré avant le buzz du distributeur, car « c’est tout le modèle de l’édition communautaire que révèle le distributeur qui les intrigue et les intéresse ». Et, sans nul doute, la formidable base de lecteurs (et de données ?) qui va avec. Le Groupe L’Express ne s’y est pas trompé : il est entré au capital de Short Edition début 2014.

Merci à Manon, responsable des relations presse de Short Edition, d’avoir répondu à nos questions !

Et pour tester le distributeur d’histoires courtes : rendez-vous au stand E69 du Salon du livre de Paris, du 17 au 20 mars.

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